Ici La Voix Du Burkina Faso De Notre Envoyée Spéciale Bernadette Theisen – Jan 2017

Cinquième Chronique
Rencontres avec les Peules
Bonjour, aujourd’hui je vais vous emmener à 200 km au sud-est de mon village et loin de Berelle. Je voudrais vous raconter une belle rencontre inattendue.

Merama me prend de nouveau la main , 2 ans après notre 1ere rencontre. C’est elle qui avait établi le contact en décembre 2013
Un jour de décembre 2013, alors que je remontais sur Ouaga, sans explication, mon guide arrêta le 4×4 en pleine campagne. Intriguée, je le suivis à travers un champ. Et soudain, à quelques centaines de mètres, je distinguai des cases peules et, assises sur la terre, des jeunes filles qui confectionnaient des nattes aux couleurs vives. Elles ne prirent pas peur quand elles me virent m’avancer vers elles.  Mon guide tout souriant, s’adressa à elles en mooré. Elles étaient intimidées et moi, encore plus. Je ne savais quelle contenance adopter. Finalement la magie opéra. La 1ère jeune femme qui rompit la glace fut Merama. Elle me prit tout simplement la main. Nous n’avions aucun autre moyen de communication. Personne dans ce village peul ne parle le français. Certains ne parlent même que le fulfulde, la langue des Peuls.
Je suis un peu noyée dans cette foule de jeunes qui m’entourent et veulent mobiliser mon attention!
Apres cette prise de contact, tout s’enchaîna très vite. Par le truchement de mon guide je demandai la permission de prendre des photos. Deux minutes plus tard des douzaines de garçonnets et de filles avaient rejoint le groupe et m’entouraient.
Je promis d’envoyer les photos. Mon guide traduisit. Je les lui enverrais,  il les leur apporterait.
Plus tard, j’apprendrais que mon petit paquet de photos avait mis 7 semaines pour arriver à destination.  Alors, la prochaine fois, c’est moi qui jouerai au facteur.
Distribution des photos prises 6 mois auparavant!
Oui,  je retournerai là-bas. Une jeune fille peule avait branché le courant. Je n’allais tout de même pas arracher la prise. Il fallait que le courant continue à circuler !
Pour la photo, la grand-mère de Frati a tenu à améliorer son look, à avoir l’air plus « habillée ». Elle a donc troqué le foulard réservé aux tâches ménagères pour cette « coiffe » traditionnelle. Frati tient l’album de photos que je viens de lui donner.
Cette rencontre inopinée fut un cadeau de mon guide et reste un de mes meilleurs souvenirs de ce périple. Si j’avais été seule, jamais je n’aurais repéré ce village et j’aurais raté un grand moment d’émot ion.
A chacune de mes visites, j’ai constaté un changement. J’ai vu enceintes Merama et Frati et Galiga, les trois premières jeunes femmes qui m’offrirent leur  amitié. Et j’ai vu leur bébé!
Quelle émotion de revoir le bébé de Merama 6 mois plus tard. Elle l’avait déposé dans mes bras il n’avait qu’un mois.J’étais loin de me douter qu’il deviendrait aussi beau!
La vie continue!