Ici La Voix Du Burkina Faso – April 2020

Femmes dans la brousse burkinabé
“Femmes, je vous aime”, chantait Julien Clerc.

Et moi, je pose la question :”Qu’est-ce être une femme dans la brousse burkinabé?”

C’est d’abord un être qui a été formé à la soumission et au travail.
Je les ai vues ces femmes, dans les champs, cueillir le coton, semer le mil et le sorgho.
J’ai vu certaines d’entre elles attelées à une carriole parce que la famille ne possédait pas d’âne. Cela ne choque personne. Dans ces zones rurales, la femme est considérée comme une bête de somme.

Dès le plus jeune âge, on attend de la fille qu’elle aide sa mère aux tâches ménagères. Donc, au lieu de se rendre à l’école, elle s’occupe de ses frères et soeurs en bas âge. Et c’est elle qui va puiser l’eau, qui va préparer le repas du soir, et va balayer la case et la cour.

L’égalité garçon-fille n’existe pas. La plupart des filles n’ont pas été scolarisées. En effet, si les parents n’ont la possibilité de n’envoyer qu’un enfant à l’école, c’est le garçon qu’ils choisiront

La femme rurale souffre parfois de maltraitance. Le chef de famille peut la frapper s’il n’est pas satisfait de son comportement ou de son travail. De plus, la plupart des femmes burkinabé ont été victimes de mutilations génitales, au nom de la tradition.

La loi interdit désormais l’excision au Burkina Faso. Ce qui ne veut pas dire que la loi est respectée partout.

Quel est le rôle de la femme dans la société burkinabé?
Dans bien des cas, elle est considérée comme “pondeuse”, comme animal reproducteur.
Donc sa fonction primaire est de faire des enfants. Alors on la marie jeune.
Elle trouvera son bonheur dans la maternité.

Quel besoin aurait-elle besoin d’apprendre à lire et a écrire?
Les femmes burkinabé sont fortes : physiquement et mentalement. Lorsque le mari quitte le domicile, elles assurent seules l’intendance.

Dans ce tableau un peur noir, y a-t-il un rayon de soleil?
Oui, elles adorent se parer, porter des bijoux, se faire des nattes, acheter de nouveaux pagnes! Elles se mettent sur leur trente-et-un pour se rendre à l’église, à la messe du dimanche, à un baptême, à la fête des Femmes.

Femmes d’Oumnoghin, je vous salue toutes. 
Je vous renouvelle mon admiration.

Les femmes burkinabé adorent faire du commerce. Celle-ci s’est installée à proximité d’un forage, lieu de passage.
Franceline plante des tomates dans son jardin. Son mari est parti sur les routes, il y à 5 ans, pour trouver du travail. Il a atterri au Gabon. Elle est donc seule pour nourrir ses 3 enfants.
Au cours d’une de mes marches vespérales dans la brousse, j’ai rencontré cette jeune femme. Elle avait creusé un trou dans le sable et elle y puisait de l’eau. Ensuite elle a rempli un jerrycan, l’a chargé sur sa tete et est rentrée chez elle å pied.
C’est l’heure de la douche, dans la cour, avant le diner.
Berelle, très coquette, “pomponne” ses pieds avant de se rendre au marché!
Ma filleule Agueratou, élégante, me reçoit chez elle.