Une «Nasara*» Au Pays Des Girafes - Suite

Episode 2: le voyage vers Maradi, Niger

La route vers Maradi


« En voiture »! Tout le monde est à bord.

Maradi, nous voilà!

Les deux jeunes policiers chargés de ma sécurité, lestés de leur très lourd gilet pare-balles, agrippés chacun à leur précieuse kalashnikov, sont assis à l’arrière du véhicule et coincés contre les portières.

Malik, le jeune guide touareg, tout svelte, est casé entre eux, au milieu.

Quant à moi, après avoir reçu l’aval des autorités policières, je suis confortablement installée à l’avant du Toyota.

En effet, le protocole exigeait que je fusse assise à l’arrière du véhicule.

Je présentai ma requête au Commissaire qui avait recruté les deux policiers: « Il me faudrait suffisamment d’espace pour mes jambes. »

La route vers Maradi

« C’est le terrain qui commande », fut sa réponse.

Et il accéda à ma prière.

Le trajet Niamey -Maradi, soit 700 km ne fut marqué par aucun événement particulier.

La route goudronnée à deux voies, même si elle n’était pas un ruban lisse, ne présenta pas dans l’ensemble de défauts majeurs.

Lorsque nous traversâmes Kouré, j’eus une pensée pour les jeunes humanitaires français assassinés avec leur guide et leur chauffeur quelques mois auparavant.

Ce long parcours ne fut interrompu que par quelques courts arrêts techniques sous l’œil attentif de mes deux anges gardiens.

Mon garde du corps se dégourdit les jambes.

Et soudain, je fus assaillie par une préoccupation: où allais -je trouver gîte et couvert ?

Je ne connaissais personne à Maradi!

Alors, j’eus recours à mon sauveur, une pépite tombée du ciel, celui grâce à qui toute cette expédition allait pouvoir se réaliser.

J’ai nommé le Colonel Kailou, un ami sur Facebook que je n'avais jamais rencontré.

Il fut mon agent de liaison et l’épine dorsale de ce projet.

Il aplanit les difficultés pour moi.

Il calma mes appréhensions car j’avançais en terrain totalement inconnu. Je n’arrivais pas à me représenter l’endroit vers lequel je me dirigeais.

C’est à lui que j’avais posé la question:

« Est-il possible de visiter la réserve animalière de Gagabedgi? »

Et puis: « Nigerairlines n’ayant pas encore rétabli ses vols, je vais devoir emprunter la voie terrestre. Qu’en pensez-vous ?»

Il m’avait rassurée sur les conditions sécuritaires mais il me conseillait de consulter l’avis de mon ambassade. ........

Le colonel est actuellement directeur de l’environnement du département de Tahoua. Mais il avait été conservateur de la réserve de Gagabedgi. C’était donc la seule personne de ma connaissance qui pouvait légitimement répondre à mes questions angoissées. Au cours de nos échanges via Messenger je plaçais toute ma confiance en lui...  

Sur la route de Maradi: les greniers qui accueilleront le sorgho

Il se proposa de me mettre en contact avec les acteurs locaux de la réserve: le maire de Gadabedgi et le conservateur de la réserve.

Mais je reviendrai sur ce sujet plus tard.

Dans l’immédiat je me demandais ce qui m’attendait à Maradi.

Je pris mon téléphone pour lui expliquer la situation:

Dans la mesure où nous avions quitté Niamey avec 9 heures de retard sur l’horaire initialement prévu, nous ne pouvions atteindre la réserve que le lendemain.

Pouvait - il nous suggérer un endroit où dormir ?

« Venez chez moi », fut la réponse.  «Je passe quelques jours de congé avec ma famille. »

Oh Colonel soyez béni !

Il ne sourcilla même pas quand cinq étrangers, plus ou moins engourdis, s’extirpèrent du 4x4 et débarquèrent chez lui à deux heures du matin !

Son épouse et ses enfants avaient même veillé et nous attendaient pour nous saluer.

 La route de Niamey à Maradi nous a réservé quelques surprises

À suivre !

* Nasara = étrangère, blanche


Lire la suite: Une Nasara au pays des girafes - Première partie