Une Nasara Au Pays Des Girafes - Episode 3

Au revoir Maradi


Merci Colonel pour votre hospitalité. Nous prenons une dernière photo sous les arbres du jardin de mon hôte.

Et nous mettons le cap sur Gadabedji [au nord du Niger]. Il est 10h30 du matin.

Que nous réservait cette journée?

La chaleur se faisait sentir mais nous bénéficions du luxe de la climatisation à l’intérieur du véhicule.

Les 120 premiers kilomètres du trajet furent sans histoire. La route était praticable. Nous traversâmes des villages grouillants d’activité car c’était jour de marché et les gens venaient, parfois de loin, pour vendre leurs produits : des légumes tels que tomates, oignons, carottes, piments verts, poivrons, aubergines. Et puis des fruits tels que pastèques, goyaves, ananas, oranges, bananes. Et petite touche africaine : le gombo séché, le moringa et la merveilleuse pomme du Sahel, bourrée  de vitamines C et D.

Certains cuisaient de la viande de mouton sur le bord de la route.

Dakoro, fin du confort terrestre! Petite halte pour faire le plein de carburant et en avant pour les derniers 79 km .

"Une piste rurale", comme m’en avait informée le Colonel. Doux euphémisme! Même les autochtones qui empruntent cette route régulièrement, parlent de “calvaire”. Ce fut une succession de nids de poule et de “ nids d’éléphant”.

Mes vertèbres n’apprécièrent pas du tout malgré la compétence et la connaissance du terrain de notre chauffeur Ali.

Nous arrivâmes à destination  à 15h45. Distance parcourue: 79 km. Temps écoulé : 2h15 . Je vous laisse calculer la vitesse horaire! 

Et je ne savais toujours pas où j’allais être hébergée. Certes le Colonel m’avait fait savoir que le maire de Gadabedji serait heureux de m’accueillir.

Oui, mais où ?

Le Commissaire, au départ de Niamey, m’avait dit, les yeux pétillants de malice : “Vous serez reçue dans un hôtel  mille étoiles”.

Alors, j’étais impatiente de voir le lieu. 

J’entrai donc dans la cour de la maison du maire avec mes quatre hommes, qui disparurent presque aussitôt.

Et je rencontrai mon hôtesse, Ghaichoutou, l’épouse du maire, une ravissante jeune femme.

Elle m’indiqua l’endroit où déposer ma valise. Nous commençâmes à parler de choses et d’autres.

La fille de mes hôtes.


Et je ne savais toujours pas où j’allais dormir.

Finalement, répondant à ma question, mon hôtesse, d’un mouvement du menton, indiqua l’extérieur de la pièce où nous nous trouvions.

Interieur du vestibule; décoration touareg

Mon cerveau n’enregistra pas immédiatement le message. Mais quand je regardai par la fenêtre, je vis une immense tente touareg .

“When in Rome, do as the Romans”. Mon hôtesse me prêta ses vêtements pour que je ressemble à une Targui.

C’est là que j’allais passer quatre nuits. J’allais vivre en immersion complète chez les Touareg. 

J’étais au comble du bonheur.

Mon lit sous la tente touarègue à Gadabedji, avec moustiquaire et comme tapis de sol le sable du désert. 

Dans le prochain épisode je vous ferai rencontrer mon hôte, le maire touareg de Gadabedgi

* Nasara = étrangère, blanche