En 1594, Henri IV entre enfin en possession de Paris. Mais pour achever la reconquête du royaume et faire enregistrer l'Edit de Nantes
(1599) il lui faudra cinq années que raconte le sixième et dernier volume de Fortune de France.
En ces temps incertains et troublés, où Philippe II et le pape se liguent contre le roi, Pierre trouve merveilleusement à s'employer,
mêlant, comme à l'accoutumée, plaisirs et travaux. Devenu l'amant d'une "haute dame", il la sert en même temps que le roi dans une
entreprise audacieuse à Reims, enquête sur les jésuites, se trouve mêlé à Rome aux subtiles intrigues vaticanes dont l'enjeu est
l'absolution d'Henri IV, convoie "le nerf de la guerre" de Paris à Amiens, sert les intérêts de la belle Gabrielle, assiste dans le funèbre
Escurial à l'agonie dramatique et dévote de Philippe II, et, de retour à Paris, applaudit à la publication de l'Edit de Nantes, dans lequel
il voit poindre l'aube d'un monde nouveau.
La scène, ici, varie sans cesse : le Louvre, les tavernes et leurs querelles, le camp armé du roi sous Laon et sous Amiens, l'aimable
logis parisien du héros, les auberges et leurs furtives rencontres, les cellules de l'Escurial et un palais cardinalice à Rome. Les
personnages pittoresques, campés avec verve, pullulent, que ce soient les bourgeois avides de "franchises", les artisans gaussants et
frondeurs, la truandaille gouailleuse de Paris ou de Reims, les hautes dames de la Cour et leurs confesseurs jésuites diplomatiquement
indulgents à leurs faiblesses, les grands signeurs piaffants et paonnants, les prélats, qui sont plus "princes" que d' "Eglise", les
mendiants bien nantis, les belles courtisanes romaines, le roi enfin, dont Robert Merle achève ici le portrait saisissant.
Le récit galope. Les dialogues abondent, drôles ou dramatiques, mais toujours savoureux. L'action rebondit de péripétie en péripétie,
intégrant magistralement l'histoire au roman, mais sans que jamais soient perdus de vue les grands problèmes du temps qui, pour l'essentiel,
sont encore ceux du nôtre.